Partage d’évangile – mercredi 3 mars 2021
Nous te rendons grâce Seigneur, de nous avoir invités ce soir ; de nous avoir donné rendez-vous autour de ta Parole en ces jours où les évènements du monde nous bousculent, nous entraînent dans la morosité et risquent d’éroder notre enthousiasme. Tu viens nous rejoindre dans l’histoire de nos vies.
Viens habiter au milieu de notre assemblée ! Envoie sur nous ton Esprit Saint !
Ouvre les oreilles de notre cœur et éclaire notre intelligence. Rends-nous disponible à ta Parole et à l’écoute de chacun. Donne-nous d’accueillir ce texte pour ce qu’il est, la Parole de Dieu, une parole vivante et efficace, capable de transformer notre vie et notre regard sur le monde.
Chant : Parole de Dieu, parole de vie,
Parole de Dieu qui se donne aujourd’hui
- Viens Esprit Saint nous donner ta lumière,
Ainsi nous comprendrons la parole de Dieu.
- Viens Esprit Saint, remplis-nous de ta joie,
Pour que nous proclamions la Parole de Dieu.
Evangile selon Saint Matthieu 20, 17-28
En ce temps-là, Jésus, montant à Jérusalem,
prit à part les Douze disciples et, en chemin, il leur dit :
« Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes,
ils le condamneront à mort et le livreront aux nations païennes pour qu’elles se moquent de lui,
le flagellent et le crucifient ; le troisième jour, il ressuscitera. »
Alors la mère des fils de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean,
et elle se prosterna pour lui faire une demande.
Jésus lui dit : « Que veux-tu ? »
Elle répondit : « Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche,
dans ton Royaume. »
Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ?
Ils lui disent : « Nous le pouvons. »
Il leur dit : « Ma coupe, vous la boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. »
Les dix autres, qui avaient entendu, s’indignèrent contre les deux frères.
Jésus les appela et dit : « Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres,
et les grands font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ;
et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave.
Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir,
et donner sa vie en rançon pour la multitude. »
Temps de partage
Relire en silence l’évangile ; souligner les mots, les expressions qui me touchent, m’interpellent.
Tour de table (sans obligation) : chacun dit ce qui l’a frappé, ou touché avec bref mot d’explication. C’est personnel : toutes les réponses sont bonnes ; il n’y a pas de mauvaises réponses.
Qu’est-ce que le Seigneur me dit à travers ces interpellations, ces questionnements ? La parole de l’autre peut à son tour éveiller une autre révélation en moi.
Si ces partages éveillent en moi une prière, une intercession ou une louange, je peux l’exprimer.
Prière de méditation
Seigneur, en venant ici, nous avons répondu à ton appel : tu nous as pris ‘’à part’’ comme tes disciples. D’emblée, tu nous annonces l’enjeu de te suivre et d’être ton disciple ; c’est un engagement.
Mais nous sommes tellement lents à comprendre. Nous sommes toujours là avec nos attentes de privilèges, de pouvoir, de rêves de grandeur et places d’honneur, alors que pour être ton disciple, il faut t’imiter en prenant la place du Serviteur, et même du serviteur souffrant ! Par 3 fois pourtant, tu as prévenu que le chemin n’était pas conforme à l’esprit du monde, qu’il serait douloureux, parsemé d’humiliations, de railleries, voire de persécutions.
Avec délicatesse, tu nous aides à creuser notre propre désir, en nous retournant la question : « que veux -tu ? Comprends-tu ce que tu demandes ? es-tu prêt à me suivre jusqu’au bout ? Jusqu’ où peux-tu aller ? »
Les circonstances actuelles, avec leurs privations imposées, peuvent finalement nous aider dans notre chemin de carême. Merci Seigneur de nous accompagner en nous donnant la paix intérieure et la douceur de ton Amour, de nous guider par ton Esprit et de prier avec nous comme tu l’as promis à tes apôtres : « j’ai prié pour vous afin que votre foi ne sombre pas. »
Personnellement, Je veux essayer de te redire mon « oui » à être ton disciple en récitant la prière d’abandon de Charles de Foucauld :
Mon Père,
Je m’abandonne à toi, fais de moi ce qu’il te plaira. Quoi que tu fasses de moi, je te remercie.
Je suis prêt à tout, j’accepte tout. Pourvu que ta volonté se fasse en moi, en toutes tes créatures,
je ne désire rien d’autre, mon Dieu.
Je remets mon âme entre tes mains. Je te la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur,
parce que je t’aime, et que ce m’est un besoin d’amour de me donner, de me remettre entre tes mains, sans mesure, avec une infinie confiance, car tu es mon Père.
Chant
Par la croix du Bien-Aimé, fleuve de paix où s’abreuve toute vie,
Par le corps de Jésus-Christ, hurlant nos peurs dans la nuit des hôpitaux,
Sur le monde que tu fis pour qu’il soit beau et nous parle de ton nom
Refrain : Fais paraître ton jour et le temps de ta grâce
Fais paraître ton jour, que l’homme soit sauvé !
Par la croix du Fils de Dieu, signe levé qui rassemble les nations,
Par le corps de Jésus-Christ, nu, outragé, sous le rire des bourreaux,
Sur les foules sans berger et sans espoir
Refrain
Par la croix de l’Homme-Dieu, arbre béni où s’abritent les oiseaux,
Par le corps de Jésus-Christ, re-crucifié dans nos guerres sans pardon,
Sur les peuples de la nuit et du brouillard, que la haine a décimés Refrain
Epilogue
Ce temps de carême, de jeûne, prière, partage n’est pas pour autant un temps de tristesse. Vivre avec le Seigneur, c’est recevoir sa joie intérieure : « je mettrai ma joie en vous ».
Je vous livre ce beau poème « Le bal de l’obéissance » de Madeleine Delbrel qui comme notre Pape François nous invite à ne pas prendre des ‘’airs de carême ‘’
C’est le 14 juillet.
Tout le monde va danser.
Partout, depuis des mois, des années, le monde danse.
Plus on y meurt, plus on y danse.
Vagues de guerres, vagues de bal.
II y a vraiment beaucoup de bruit.
Les gens sérieux sont couchés.
Les religieux récitent les matines de saint Henri, roi.
Et moi je pense à l’autre roi,
Au roi David qui dansait devant l’Arche.
Car s’il y a beaucoup de saintes gens qui n’aiment pas danser,
Il y a beaucoup de saints qui ont eu besoin de danser,
Tant ils étaient heureux de vivre :
Sainte Thérèse avec ses castagnettes,
Saint Jean de la Croix avec un Enfant Jésus dans les bras,
Et saint François, devant le pape.
Si nous étions contents de vous, Seigneur,
Nous ne pourrions pas résister
A ce besoin de danser qui déferle sur le monde,
Et nous arriverions à deviner
Quelle danse il vous plaît de nous faire danser
En épousant les pas de votre Providence.
Car je pense que vous en avez peut-être assez
Des gens qui, toujours, parlent de vous servir avec des airs de capitaines,
De vous connaître avec des airs de professeurs,
De vous atteindre avec des règles de sport.
De vous aimer comme on s’aime dans un vieux ménage.
Un jour où vous aviez un peu envie d’autre chose,
Vous avez inventé saint François,
Et vous en avez fait votre jongleur.
A nous de nous laisser inventer
Pour être des gens joyeux qui dansent leur vie avec vous.
Pour être un bon danseur, avec vous comme ailleurs,
il ne faut pas savoir où cela mène.
Il faut suivre, être allègre, être léger,
Et surtout ne pas être raide.
Il ne faut pas vous demander d’explications
Sur les pas qu’il vous plaît de faire.
Il faut être comme un prolongement agile et vivant de vous,
Et recevoir par vous la transmission du rythme de l’orchestre.
Il ne faut pas vouloir à tout prix avancer,
Mais accepter de tourner, d’aller de côté.
Il faut savoir s’arrêter et glisser au lieu de marcher.
Et cela ne serait que des pas imbéciles
Si la musique n’en faisait une harmonie.
Mais nous oublions la musique de votre esprit,
Et nous faisons de notre vie un exercice de gymnastique ;
Nous oublions que, dans vos bras, elle se danse,
Que votre Sainte Volonté est d’une inconcevable fantaisie,
Et qu’il n’est de monotonie et d’ennui
Que pour les vieilles âmes qui font tapisserie
Dans le bal joyeux de votre amour.
Seigneur, venez nous inviter.
Nous sommes prêts à vous danser cette course à faire,
Ces comptes, le dîner à préparer, cette veillée où l’on aura sommeil.
Nous sommes prêts à vous danser la danse du travail,
Celle de la chaleur, plus tard celle du froid.
Si certains airs sont souvent en mineur, nous ne vous dirons pas qu’ils sont tristes ;
Si d’autres nous essoufflent un peu, nous ne vous dirons pas qu’ils sont époumonants.
Et si des gens nous bousculent, nous le prendrons en riant,
Sachant bien que cela arrive toujours en dansant.
Seigneur, enseignez-nous la place
Que, dans ce roman éternel amorcé entre vous et nous,
Tient le bal singulier de notre obéissance.
Révélez-nous le grand orchestre de vos desseins,
Où ce que vous permettez jette des notes étranges
Dans la sérénité de ce que vous voulez.
Apprenez-nous à revêtir chaque jour notre condition humaine
comme une robe de bal, qui nous fera aimer de vous
Tous ses détails comme d’indispensables bijoux.
Faites-nous vivre notre vie,
Non comme un jeu d’échecs où tout est calculé,
Non comme un match où tout est difficile,
Non comme un théorème qui nous casse la tête,
Mais comme une fête sans fin où votre rencontre se renouvelle,
Comme un bal, Comme une danse,
Entre les bras de votre grâce,
Dans la musique universelle de l’amour.
Seigneur, venez nous inviter.
Madeleine DELBRÊL, Nous autres gens des rues
