On peut poser la question autrement : qu’est-ce qui a tellement fasciné ces savants de l’Orient qu’ils se sont mis en route pour aller jusqu’à la crèche du petit Jésus ? Ont-ils vu une comète ? Ont-ils lu dans un de leurs livres qu’un événement extraordinaire allait changer le cours du monde ? Eux qui n’étaient certainement pas des Juifs n’attendaient pas un Messie. Et pourtant, quelque chose les a mis en route…
L’Epiphanie, célébrée cette année le 8 janvier, est une belle fête. Elle est tou jours située au début de l’année, au moment où nous prenons de belles réso lutions pour les mois qui viennent. C’est pendant la période la plus sombre de l’année que les mages ont vu se lever une lumière surnaturelle. Elle les a gui dés à travers les déserts de leur vie vers cette « manifestation » de Dieu, car le mot grec « epiphaneia » signifie justement « manifestation, apparition sou daine ».
Nous ne saurons jamais ce qu’ils ont éprouvé et compris au moment où ils arrivent à la crèche. Etaient-ils peut-être déçus de ne pas rencontrer un nou veau-né dans un palais royal ? Ont-ils reçu des réponses satisfaisantes à leurs interrogations intellectuelles ?
Ils ont certainement dû faire un acte de foi, et à ce niveau, ils nous ressem blent. Nous aussi, nous sommes à la recherche de lumières qui pourraient nous guider, qui donnent sens à notre vie, et chacun les trouve à sa manière.
Les mages sont représentatifs de l’humanité en quête de bonheur. Les uns croient le trouver dans l’argent ou dans le pouvoir, dans un métier qui donne beaucoup de satisfactions, dans une sexualité sans limites, dans la recherche de la notoriété, dans une vie remplie d’aventures dangereuses, etc.
Qu’ont trouvé les mages à Bethléem ? Une modeste petite famille dont la plus grande richesse était l’amour. Au niveau des faits, ils n’ont rien vu d’extraor dinaire. Et pourtant, je suis persuadé qu’au plus profond de leur cœur, ils se sont laissés toucher par cette manifestation divine qui s’exprimait à travers le
miracle d’une naissance.
Les mages nous invitent à ne pas chercher Dieu d’abord dans des phéno mènes surnaturels mais dans ces lieux où l’amour est au premier plan, et plus particulièrement dans la famille, qu’elle soit de sang ou de choix. C’est dans le miracle de la bienveillance, des rencontres constructives, de l’écoute mu tuelle et de la solidarité avec les plus petits que Dieu se rend encore présent aujourd’hui.
Les cadeaux que les mages offrent au nouveau-né sont étonnants : l’or, pour souligner la royauté du Christ, l’encens comme moyen pour adorer la divini té et la myrrhe comme annonce de la mort violente de ce Roi divin. Tout l’évangile en quelques cadeaux ! Apparemment, ils savaient quand même quelque chose sur le sort de cet enfant !
Au début de cette année 2023, le petit Roi de Bethléem, l’Incarnation du Dieu vivant, nous invite déjà à le
suivre jusqu’à sa Crucifixion à Jéru salem. Dans nos prières au début de cette nouvelle année, ne
deman dons pas un bonheur facile qui reste à la surface des choses. De mandons plutôt à Jésus de nous
accompagner sur tous les chemins de notre vie, y compris nos che mins de croix.
On ne sait pas ce que les mages venus d’Orient sont devenus après cette courte visite à la crèche. Sont-ils revenus pour suivre Jésus de Nazareth adulte, le prédicateur qui annonçait le Royaume des Cieux ? Sont-ils devenus ses disciples ? J’ose croire qu’ils ont trouvé leur chemin à eux, comme cha cun de nous doit trouver son chemin personnel. Mais je vous invite à le faire en cherchant dans le ciel de nos vies l’étoile qui nous guide: la certitude que nous sommes aimés de Dieu !
Bonne année 2023 et bonne lecture de ce journal,
Ralph Schmeder, votre curé
