Du côté civil, les unions homosexuelles sont reconnues depuis longtemps.Dans le monde chrétien par contre, il n’est un secret pour personne que parler d’homosexualité revient à s’aventurer sur un terrain miné. Et pourtant, face au surgissement de plus en plus évident de l’homosexualité au cœur de la société, on ne peut plus fermer les yeux ou croire que la question ne nous concerne pas.
Tout d’abord : que faut-il entendre par le mot « homosexualité » ? Il désigne un comportement sexuel : le choix par une personne d’un partenaire sexuel de même sexe que le sien. C’est très précis mais c’est aussi un mot « fourre-tout », car derrière ce vocable se cachent des destins tout singuliers et des
profils psychologiques très variés. D’ailleurs, ces dernières années, l’expression LGTB+ (lesbienne, gay, bisexuel et transgenre, + queer +…) a largement élargi le champ des identités sexuelles. Pas évident de s’y retrouver !
Mais l’orientation sexuelle doit-elle vraiment toujours être à l’avant-plan ?
Personne ne songera à se présenter en disant : « Bonjour, je m’appelle Untel et je suis hétérosexuel » ! On ne peut pas identifier ou réduire une personne à sa particularité sexuelle. D’autre part, le même vocable désigne à la fois l’homosexualité masculine et féminine, qui sont deux réalités très différentes.
Enfin, il faut se rappeler que, d’après les psychologues, il y a en chacun de nous une part d’homosexualité que nous vivons à travers l’amitié et la complicité entre personnes du même sexe.
Il n’est pas possible de déterminer clairement les raisons et les origines de l’homosexualité. C’est au moment de l’adolescence que la plupart des jeunes se découvrent « homosexuels », sans l’avoir décidé vraiment. Souvent, ils sont alors rejetés par leur entourage. Surtout les hommes souffrent encore de moqueries, lorsqu’on les traite de « pédé », en leur disant indirectement « Tu n’es pas un homme ».
Déjà il y a plus de 20 ans, Philippe van Meerbeeck, neuropsychiatre et psychanalyste catholique, qui a fondé en 1979 un service clinique pour adolescents en souffrance à Louvain, était favorable au contrat de vie commune « parce que les couples homosexuels ont besoin de cette sécurité et d’une inscription sociétale du lien, mais je suis opposé au mariage. Pour moi, le mariage doit rester une alliance fondée sur la différence sexuelle en vue de la procréation. Institutionnaliser le mariage homosexuel, c’est nier la valeur symbolique fondatrice de l’humanité qu’est le différence sexuelle. » Il s’opposait également à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels : « La parentalité doit rester organisée par la différence des sexes. C’est capital pour les enfants. Je peux vous assurer qu’avoir des parents homosexuels complique beaucoup les choses. Depuis quelques années, nous sommes confrontés à la souffrance d’adolescents très perturbés par la révélation de l’homosexualité d’un, voire de leurs deux parents. C’est un vrai ‘casse-tête’ pour le jeune en pleine recherche de son identité. »
Au sujet de l’homosexualité, le Catéchisme de l’Église catholique déclare : « Les hommes et les femmes homosexuels n’ont pas choisi leur condition ; elle constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. » Toutefois, l’Église considère que les relations homosexuelles relèvent de la déviance. Aussi estime-t-elle que « les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté ». Est-ce une position réaliste et juste ? Ou bien faudrait-il considérer le mariage de deux hommes ou de deux femmes comme tout à fait équivalent au mariage « classique » ?
Et vous : pensez-vous que l’homosexualité est une maladie, un péché contre Dieu ? Vous êtes-vous déjà demandé comment vous réagiriez si un de vos enfants ou petits-enfants vous annonçait qu’il est homosexuel ? Comment l’Église peut-elle accompagner positivement des unions homosexuelles ? Voilà
des questions essentielles devant lesquelles on ne doit pas fermer les yeux…
Bonne et heureuse année 2024 !
Votre curé Ralph Schmeder
